Rencontres, amis, compagnons de passage, ...

     Allez comprendre pourquoi, dans les années 1950, à BARCELONE, "l'homme au chapeau", Joan MIRO, se pencha sur ma poussette et trouva que j'avais une bouille d'artiste ? ... Tout au long des années qui s'ensuivirent, je devais croiser la route de personnalités plus ou moins célèbres, tandis que pour d'autres ce type de rencontre, même furtive, reste de l'exceptionnel.

     Pour la petite histoire, je déroulerai ici, ces "hasards" parfois anecdotiques ...

     Si la table familiale fut honorée par quelques visiteurs illustres, bien trop jeune, je n'en garde qu'un très vague souvenir. Je me souviens bien mal de MOULOUDJI, de Boris VIAN, et j'ai oublié Serge LIFAR ... Par contre, je me souviens fort bien de l'acteur nain PIERAL qui résidait dans une petite maison mitoyenne de celle de ma marraine, dans la campagne proche de Fontainebleau, à URY. Un peu plus tard, c'est un femme peintre BÉRANGER (orthographe incertaine) qui nous emmena à Port-Llegat, près de Cadaques à la rencontre du Maître DALI. L'homme, l'artiste me marqua d'autant que résidant chaque été durant près de deux lustres à côté de Rosas, je lui rendais une petite visite annuelle. Il me souffla quelques recettes que je ne compris que bien plus tard devant la toile blanche. Je devais retrouver sa "trace" plus tard auprès de son "fils spirituel", le sculpteur Olivier BRICE, dans sa propriété au château de Cambous près de Montpellier, sur la commune de VIOLS-en-LAVAL. 

     Plus tard, les cours de dessins, de solfège devenus ennuyeux du fait des professeurs peu enclin à vous transmettre des passions, je me tournais vers le théâtre, la poésie ... Je croisais Béatrice DUSSANE, Jacques CHARON, les incontournables Francis BLANCHE et Pierre DAC. Je trouvais ces deux derniers à l' "Auberge de Saint-Jean-de-Luz", dans une petite rue à deux pas de l'Avenue de la Grande Armée. Je me souviens de dîners où les clients avaient bien du mal à finir leurs assiettes tant les fous rires secouaient l'assemblée, par la faute de nos deux amuseurs ... 

     Le monde du spectacle, de la nuit, Saint-Germain, le "rendez-vous des canettes", "Le père la grenouille", les caves de Jazz, "Le Tabou", "Le caveau de la Huchette", Juliette GRÉCO, Miles DAVIS, Memphis SLIM; le "Slow-Club", Claude LUTER, Marc LAFERRIÈRE, etc, ... Mes camarades d'école Jean MUSY, devenu auteur-compositeur; Yves PIGNOT, comédien et directeur d'École d'Art dramatique ...

     Beaucoup d'autres, rencontres d'un soir comme Marcello MASTROIANNI, dans une brasserie non loin de la rue de Seine, par temps de "spleen", de forte nostalgie de l'acteur, ... 

     Je risque d'en oublier... François CHAUMETTE, comédien, croisé dans l'urinoir de la station de métro "Chaussée d'Antin", au moment des fêtes de Noël où les parents nous amenaient pour voir les vitrines animées des grands magasins, et qui en partant et regardant la dame-pipi et sa soucoupe, me dit "Tu vois je préfère payer vingt balles pour boire que pour pisser !". Tant de personnages à citer pêle-mêle avant que le gatisme remporte la victoire. Les témoignages de sympathie d'Arthur CONTE, Roland GIRAUD, Fanny ARDANT, Hubert REEVES, Michel FUGAIN, Francis DESCAMPS (Groupe ANGE), Daniel HERRERO, Roger COLAS (père du navigateur), Jacques CHIRAC, Robert HUE, Gérard LONGUET, ... Des rencontres, comme celle du peintre Bernard VERCRUYCE, un "frère", dont l'Atelier et la maison se trouvaient situés à AUVERS-sur-OISE, mitoyenne de celle du Docteur GACHET, avec lequel je partageais la même philosophie, et que je retrouvais plus tard à TOULOUSE en septembre 1998, à l'occasion d'une de ses nombreuses expositions. Émilio LLUESMA, peintre d'origine espagnole, avec qui je partageais beaucoup de points communs, formé aux Beaux-Arts, qui me sensibilisa aux techniques de l'estompe; technique que je revisiterai plus tard avec mes toiles de Jazz. Il avait connu une enfance pauvre, un père peintre également qui allait de ville en ville pour vendre ses humbles talents, et particulièrement en réalisant et peignant des éventails pour les belles de la Mancha. Émilio évoquait ses souvenirs avec mélancolie et réserve, le temps de l' "Auberge espagnole" pour manger un peu. La guerre d'Espagne les avaient chassés de leur pays. Il habitait Montigny-lès-Cormeilles où je connu le Père Pierre CALLEWAERT, curé de Soisy-sous-Montmorency, ami de CHAISSAC et dernier confident d'UTRILLO qu'il avait connu dans son enfance à Angoulême et lequel lui avait accordé son affection. Grâce à lui, une exposition Maurice UTRILLO, avait été organisée par Robert HUE, en plein milieu des H.L.M. de Montigny ou se presseront jusqu'aux plus humbles. Pierre aimait à jouer avec la matière et les éléments. Étalant ses couleurs sur des planches de bois, parfois des toiles, il les exposait au temps, en hiver comme en été, qu'il gèle, qu'il pleuve ou que le soleil brule jusqu'à ce que l'oeuvre se révèle. J'ai trimballé les oeuvres de Pierre dans pas mal d'expositions, d'Ile-de-France jusqu'en Andorre. Eugène RAVALLI, peintre, des Beaux-Arts de PARIS, avec lequel nous échangions bien des propos sur l'esthétique, l'Art abstrait. Il voyait souvent mes toiles dans un sens contraire au mien, vertical pour horizontal ou vice-versa; à tel point que j'avais intitulé l'une d'elles "Pour emmerder Eugène ...". Le calligraphe d'Art et toulousain, Claude FRÉJAVILLE, qui sera des nôtres lors des expositions de TOULOUSE, de CARCASSONNE, en faveur de de l'Association Pour le Reboisement des Espaces Sinistrés "A.P.R.E.S", présidée par Yves DUTEIL. Sans oublier l'ami disparu, comédien, peintre et sculpteur, Pierre MAGUELON qui sera toujours présent comme François CHOUCHKOWSKY, dit "KOVSKY", jeune peintre issu des Beaux-Arts d'ORLÉANS, au talent reconnu, dont le "parcours familial" ne fut pas des plus aisé. 

     Pour rester dans ce domaine, résidant un temps près d'Argenteuil, j'avais un ami et voisin de palier catalan Alain GOTAS, lequel outre ses activités professionnelles se révéla comme un talentueux dessinateur pointilliste. Ayant émigré dans l'Hérault, un hasard lui permis de retrouver un de ses cousins en la personne du peintre José-Maria ROQUÉ lequel était hébergé chez son ami Olivier BRICE, au château de CAMBOUS (précité), sur la commune de Viols-en-Laval. Ce dernier y avait ouvert un Musée en pleine garrigue. Des cousins nous accompagnaient dont le jeune Thierry DAVILA, qui deviendra ultérieurement Conservateur de Musée, auteur, conférencier. Étaient présents le midi de notre arrivée, Alain son épouse, ses enfants, Andréa FERREOL, le critique  d'art Gérard XURIGUERA, ... Je me souviens que nous étions fort intimidés, mais Olivier BRICE devait se révèler comme un hôte de grande simplicité. J'entendis pour la première fois parler de l'Art à la portée de tous ...

     De son vrai nom Yves ASSÉRAF, il était né à ALGER. Selon mes souvenirs, dans sa jeunesse, il avait été immobilisé durant de longs mois et avait mis à profit cette douloureuse période pour se consacrer à la peinture, copiant des toiles de Maîtres de l'importante collection de son père. Il était si doué qu'il réussit à substituer certaines de ces toiles sans que l'on s'en aperçoive. Lors de notre séjour, je restais abasourdi par la collection d'oeuvres d'art qu'il avait réuni dans ce château, acquisitions, échanges entre artistes de réputation mondiale, ... Je me souviens particulièrement d'un totem de GAUGUIN, de grande hauteur, réalisé au crayon je crois, en tous les cas ne supportant aucune couleur.  Des dizaines d'oeuvres, partout, avec bien entendu l'omniprésence de DALI dans chacune des nombreuses pièces; tableaux, lithographies, pendules et montres molles, jusque dans les toilettes, par terre. Et encore dans une salle annexe destinée à la réception du public, un jean lui ayant appartenu supportant inscription et signature... 

     A l'extérieur des oeuvres monumentales, autour notamment du "complexe de Pompei". Il était préoccupé par le passage de vie à trépas. Il "emballait", moulait, drapait, comme un linceul corps et objets du quotidien, voitures, ... Les "gisants", "Les mutants", "Les hurlevents", ... Dans ce parc, il avait réalisé et installé son tombeau, désireux d'y être inhumé , entre les cyprès symboliques qui entourait l'oeuvre. Hélas, le sort en décidera autrement. Une mauvaise gestion de ses affaires notamment d'une maison de couture, coupable d'avoir réalisé avec cette maison et la maison LANVIN, six tenues pour l'Impératrice épouse de BOKASSA, et coupable d'avoir conçu le trône impérial, et certains décors... Un autre Président de la République, et des contrôles fiscaux déclenchés en série ... Vous devinez la suite... Pourtant Olivier BRICE, qui souhaitait être enterré dans cette propriété, dans son tombeau, sans descendance, avait bien proposé à l'Administration de faire dation à l'État de l'ensemble de ses biens (d'un montant inestimable compte tenu des oeuvres accumulées, je crois avoir eu devant les yeux des milliards), refus, niet ... Seule, la petite commune de VIOLS-en-LAVAL et celle de VIOLS-le-FORT, auraient été intéressées mais point de moyens . Un beau jour tout fut évacué, plus rien, évanoui. L'État français venait de faire une "bonne affaire", mais pas le public. Cette histoire me fait toujours bouillir... 

     Fin 1988, j'ai revu Olivier BRICE furtivement à PARIS, le temps de deux ou trois stations de métro. En janvier 1989, j'apprenais son décès à quelques heures d'intervalle de celui de DALI. Il venait d'être emporté par un cancer foudroyant. Avec le journaliste, critique d'Art, André PARINAUD, nous découvrions qu'il avait été enterré en toute discrétion, une petite tombe loin de la superbe de son tombeau et sans cyprès, dans la commune de MAISONS-LAFFITTE dont le service culturel se tamponnait comme le coquillard de la présence d'Yves ASSÉRAF dans ses "jardins communaux". 

     Je crois qu'une partie de ses oeuvres se trouve en BELGIQUE, sur la commune de SCHAERBEEK, une donation qui a été acceptée (tiens-donc !!!) . Il reste que les deux amis DALI et celui qu'il nommait son "fils spirituel" Olivier BRICE sont réunis ensemble au travers de leurs oeuvres à FIGUERAS.

     Je n'ai jamais su ce qu'était devenu José Maria ROQUÉ, peintre et sculpteur qu'Olivier avec sorti de la Trappe pour exercer et développer ses talents. À l'époque de notre visite, il travaillait sur le thème de "la Ligature du pas". 

     Comme me l'écrira GOÉMON, poétesse, "Le souvenir d'une odeur c'est bien pire que l'odeur".

     Pendant ce temps, Alain GOTAS qui résidait un temps dans une maison annexe du château où les cigales troublaient les conversations, prêtant son corps pour les besoins des moulages d'Olivier BRICE pour la série des "HURLEVENTS"; Alain GOTAS, crayonnait et fût encouragé par le Maître. Il s'appliquait à pointiller ses feuilles de papier (je le surnommerai ultérieurement "woody woodpecker") pour représenter les paysages des CORBIÈRES qui avaient marqué sa jeunesse. Il réalisera une quinzaine de dessins qu'Olivier BRICE lui proposera d'exposer dans la "Galerie MARGALL" du château. À la disparition du Maître, Alain GOTAS lui rendra hommage au travers d'une sérigraphie tirée à 30 exemplaires "Trace de vie", représentant son tombeau vide.

     (À propos d'Olivier BRICE, cette communication : 

     " Quelques temps avant les ennuis financiers de Yves, j'avais programmé une série d'expositions en Belgique et au Grand Duché de Luxembourg, entre autre une grande rétrospective à SPA, en collaboration avec l'Administration Communale de la ville et quelques sponsors. A cet effet, Yves m'avait envoyé un large éventail de ses œuvres afin que je puisse honorer tous nos engagements. Au passage, je précise qu'il s'agissait uniquement des œuvres d'Olivier BRICE. J'ignore où sont passées toutes les œuvres prestigieuses qui composaient le musée de CAMBOUS

Depuis quelques années, Yves souhaitait offrir ses œuvres à une ville dynamique, susceptible de lui consacrer un musée. Sa rétrospective à SPA ayant eu énormément de succès, il avait eu l'idée de proposer à la ville une donation de toutes ses œuvres, à la condition de créer un musée. Nous avions donc rencontré le Bourgmestre et les Responsables des arts qui étaient enchantés de la proposition. La ville de SPA disposait alors de quelques grands bâtiments prestigieux inoccupés et avait proposé le plus beau de ces bâtiments, à savoir le WAUXHALL qui semblait le mieux adapté pour mettre en valeur les œuvres d'Olivier BRICE. Bien qu'il soit en bon état, le WAUXHALL devait être agencé pour devenir un musée et avec l'aide de la ville, nous avions sollicité des sponsors et les ministères chargés des arts et du tourisme, sans succès..... manque de crédits.

Lorsque le château de CAMBOUS a été saisi par les pouvoirs publics manipulés par Mr FRECHE , Yves et José ont quitté la France mais j'avais continué à chercher un lieu pour accueillir les œuvres et créer ce fameux musée auquel il tenait tant. J'ai finalement trouvé la commune de SCHAERBEEK à BRUXELLES qui, depuis plusieurs années, souhaitant créer un Musée d'art contemporain était d'accord d'accueillir les œuvres d'Olivier BRICE au grand dam de certains artistes flamands qui reprochaient à la ville de vouloir privilégier un artiste étranger. Je précise que la commune bruxelloise de SCHAERBEEK est bilingue. C'est à dire que francophones et flamands s'affrontent régulièrement pour défendre leurs intérêts réciproques.

Chaque semaine je rendais visite à Yves qui était alors hospitalisé à l'hôpital Rothschild. Nous parlions beaucoup de cette possibilité et c'est sur ses conseils que j'avais entamé les négociations avec les autorités de la ville de SCHAERBEEK. Ce n'est qu'après son décès – et avec l'accord officiel de la famille - que j'avais finalement conclu l'accord de donation des œuvres d'Olivier BRICE à la commune. Mais par manque de crédit (et par les critiques acerbes de certains artistes) que le musée n'a jamais vu le jour et les œuvres sont restées à SCHAERBEEK.

Comme je le disais plus haut, durant tout son séjour à l'hôpital Rothschild, je rendais régulièrement visite à Yves. Je lui versais le fruit de mes ventes réalisées en Belgique et lorsque ce n'était pas suffisant pour régler les factures de l'hôpital, j'achetais moi-même des oeuvres. De plus, à chacune de mes visites à Yves, j'apportais à PARIS diverses œuvres ( surtout des bronzes) destinés à Michèle VASARELY l'épouse d'YVARAL, qui les vendait à ses collectionneurs. Parfois pour gagner du temps je les apportais moi-même directement au domicile de Michèle au Faubourg St Honoré. Tout cet argent récolté servait à payer les frais de séjour de Yves à l'hôpital puisqu'il ne bénéficiait pas de sécurité sociale. Peu de temps avant sa mort, pour avoir un peu plus d'argent, il avait même signé un accord avec DAUM qui souhaitait faire des tirages en cristal de ses œuvres. C'est à l'hôpital Rothschild qu'il confectionnait des sculptures avec des matériaux trouvés sur place à l'hôpital.

Je sais que la mère d'Yves lui rendait régulièrement visite, mais jamais une seule fois je n'ai eu le plaisir de croiser un de ceux qui se disaient de ses « amis », ni d'ailleurs de José pour lequel il avait conservé une très grande affection.

Je ne parlerai pas ici de la campagne de dénigrement organisée par certains membres du groupe « Nouveau réalisme » qui se sont alliés aux artistes belges des Flandres pour démolir le travail d'Olivier BRICE. Je ne m'abaisserai pas à les nommer, ce serait trop d'honneur à leur faire. Mais si les œuvres d'Olivier BRICE sont actuellement immobilisées dans des locaux à BRUXELLES c'est également par leur volonté de nuire qu'elles sont toujours là. Je pourrais développer le sujet mais cela ne servirait à rien.

Dire que sa fin de vie a été atroce serait un euphémisme. Le fait est, qu'à ce moment-là, nous n'étions pas nombreux autour de lui.

Voilà quelques renseignements qui pourront peut-être intéresser certains.
Si je peux leur être utile, je suis à leur disposition

Bien à vous.

PS :
Votre blog étant beaucoup visité, je vous serais reconnaissant de bien vouloir éditer ce message. Je vous en remercie.

Francis PUIG
Expert judiciaire d'art
ATURIALE ART GALLERY
francispuig@gmail.com
++33 (0) 666 63 63 78 " 

 

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     Les années 1988, 1989,  offrirent d'autres rencontres, Jean-Pierre GAUSSERAN  des Beaux-Arts de TOULOUSE, Marcel DUCOS, Ryton CAZENAVE, mais aussi celle d'un jeune amateur d'art DOMIN qui mûrissait déjà ses désirs de sculpter, mais surtout de détourner de vieux objets. Nous nous rencontrions souvent à PARIS, il m'engagea à des retrouvailles avec Alain GOTAS installé dans la région de MONTPELLIER. Il me poussa à entreprendre le tirage d'un tableau "Hommage à Alain COLAS et aux disparus de la course au grand large" (voir la sous-page consacrée à Bernard DELBOURG). Résidant toujours dans le Val-d'Oise, mes pas me conduire par chance dans l'Atelier du sérigraphe d'art de réputation internationale le Maître Michel CAZA. Les quelques heures passées dans ce lieu à SAINT-OUEN-l'AUMÔNE, me sont encore bien présents. Ami intime de SOULAGES, il y avait sur les murs les GRUAU, CANETTI, SPAHN, MORETTI, l'incontournable DALI, d'autres aussi célèbres ... J'ai failli faire demi-tour, avec ma toile sous le bras, je m'étais trompé de boutique ... Mais Thérèse CAZA et le Maître, si accueillants surent réconforter l'artiste balbutiant qui se trouvait devant eux.. "L'homme au catogan" me permit de découvrir les techniques de son Art, et je revins à plusieurs reprises invité à constater le déroulement des étapes jusqu'au "bon à tirer"... Je proposais alors à Alain GOTAS de soumettre ses dessins à Michel CAZA, pour d'éventuels tirages. Je me souviens encore de ce matin brumeux et froid de fin d'hiver. Après avoir expliqué le parcours d'Alain au Maître, je déposais devant lui trois originaux. Après quelques instants d'examen attentif, je vis l'oeil de Michel CAZA s'éclairer et lui de déclarer en souriant paternellement "C'est bon, je prends !!". Merci Monsieur CAZA, merci Thérèse et merci à tout votre personnel de l'époque.

     Après une première exposition privée à STRASBOURG en mai 1991, à l'initiative de GOÉMON poétesse et auteur que j'avais connue à PARIS, je devais toujours à son initiative être le premier artiste à exposer au Palais de l'Europe à l'espace "Lumière" en janvier, février 1992. Cette exposition me permit une écoute plus attentive auprès d'autorités trop souvent "cuculturelles". Pour l'anecdote, j'avais trouvé ce pseudonyme de GOÉMON, anagramme de mon ego. Nous étions nés le même jour, un de nos points communs. Par la suite, elle écrira de nombreux textes pour les journalistes et autorités précitées sur mes compagnons de route, comme Claude FRÉJAVILLE, IBO, Pierre MAGUELON.    

     En 1992, ayant entendu Yves DUTEIL, au travers de son association pour le reboisement des espaces sinistrés (A.P.R.E.S.), dire qu'il participait par exemple au reboisement de la colline Sainte-Victoire, j'entrais en contact avec l'artiste afin de lui proposer des expositions-ventes au profit de cette association. L'idée d'un art utile à la portée de tous séduit aussi l'ami Pierre MAGUELON, et KOVSKY (rencontré lors d'une exposition au Grand Palais à PARIS). Fort d'un important capital de sympathie, Pierre MAGUELON offrira au groupe le nom de "MOSAÏQUE". Deux expositions pour A.P.R.E.S. s'enchaîneront de mi-mai à fin juillet 1993. 

     En décembre suivant, Pierre MAGUELON et moi-même seront appelés au Comité d'Honneur de soutien pour la Camargue sinistrée par Jean-Pierre CAMOIN, Maire d'ARLES. L'occasion d'échanges épistolaires avec Christian LACROIX et Frédérique HÉBRARD. 

     D'autres expositions, d'autres rencontres, et un départ pour TOULOUSE puis MIREPOIX en Ariège. Geneviève GOURVIL, une jeune artiste, que je croiserai à plusieurs reprises et que j'encouragerai ayant été touché par ses premières oeuvres qui me faisaient penser parfois à CHAGALL, et dont la qualité de son travail semble reconnue maintenant. Et puis un jour de l'année 2000, le hasard d'une promenade à CARLA-BAYLE et la rencontre avec Mic CHIREZ, imprimeur mais aussi peintre et poète. Un personnage sympathique et atypique qui avait connu "le Club" comme il le dit, pour avoir naïvement exécuter pour le compte d'autrui un travail de précision aboutissant à "des images" où il ne restait plus qu'à imprimer des chiffres. Je lui confiais des tirages d'affiches, de posters, de cartes postales, pour financer des opérations caritatives en faveur du patrimoine historique. Peu après Mic s'installait à RIEUBACH, et il ouvrait généreusement ses locaux aux artistes, exposant lui-même ses créations. C'est avec lui, qu'après l'Hôtel DROUOT, nous proposerons quelques-unes de nos oeuvres aux enchères publiques, ventes volontaires à COLOMIERS à SIX-FOURS-les-PLAGES. Je me liais d'amitié avec Jean LAFFITTE et sa compagne "Bibi", installé d'abord à MONTAUT, puis SABARAT, puis PAILHÈS, ses projets d'édification d'une sculpture monumentale ne trouvant pas d'échos favorables dans cet Ariège très profond, il quittait la FRANCE pour l'ESPAGNE et MADRID. 

     Des rencontres, il y en eut beaucoup, j'en oublie comme Alphonse MOUNIER autrement dit "FONFON" de MARSEILLE; André DAGUIN et son épouse auprès desquels nous devions être écoutés et accueillis. Bien d'autres plus humbles et tout aussi marquants. Je reporterai ces anecdotes au chapitre "tranches de vie" ... Un regret, ne pas avoir rencontré le Maître ZAO-WOU-KI.

     Il reste la rencontre la plus marquante, celle avec l' "irrationnel" ...

     

(à suivre peut-être selon l'état de ma mémoire !)

 

 

Commentaires (1)

1. Dupont jean Pierre 14/07/2012

Ami d Olivier cherche a contribuer a sa mémoire . A ses proches .

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