Billets d'Humeur

I -    

Pour sourire peut-être, vers les années 1995-96, je rédigeais ces quelques lignes " surréalistes" pour être publiées en réponse à une journaliste trop insistante et aux questions maladroites, bateaux, sur l' "Atelier", la création...

"Tu voulais savoir ...

 MIRO, mes bésicles molles trainent dans le Black-Spirit.

 Cavalièrement une brosse vient d'éructer sur son chevalet; un couteau baille et supplie son café.

Je sors des toiles en rang d'oignons; le cervelet las s'huile les neurones.

Les tubes s'operculent, les abeilles copulent.

Le tumulte de mes cheveux blancs qui poussent est parasité par celui du paillasson qui frappe à la porte. Pas de courrier ?. Ah! des factures ! ...

Loin amarrées aux nuages de l'Oise, "Ville-Evrard", "Maison-Blanche", deux barges d'une maigreur giacomettesque viennent de planter la péniche "D'équanil" dans le méandre d'un marronnier.

Sur le halage un cyprès en érection enfourne une prostituée combassienne.

Les bacchantes de DALI en tombent ..., dans un verre d'eau oublié par UTRILLO.

"CRÉER", encore lui, ce vieil emmerdeur a laissé un message au répondeur muet ... "Ici Londres ... Tiguidi ... Ici Londres ... Tiguidi ... Mil cinq cent septième jour de lutte ... Salut Pierrot ! 

Je m'agite, je MAGRITTE, je m'ébroue de noix, je KACÉRÉ ma petite culotte avec un élastiqueb ... là !. J'enfile mes oripeaux, mes haillons, mes brais. Je me miroir et m'adapte le nez rouge piqué au Bordeaux pour faire couleur locale? Ca plaît aux trépanés du bulbe, aux discoureurs, aux "intellectualo-conos" de la baguette et du béret ... Mais après tout, avortement ambulant, je suis le fruit de la non-passion d'une danseuse du Moulin Rouge et d'un barbouilleur de la Butte ... Salut VALADON.

J'ouvre ma trappe à couleurs. Tous les poils sont présents au bout de leurs queues. Certaines plus usagées. Je sors la gamelle, laissez mariner une demi-heure, salez, poivrez, bouquet garni, avant de passer au four ... Le four ... Redoutable mot.

Au sortir de la poubelle que je squatte depuis la tétine, il y a quelques lustres; le kaleidoscope qui n'était pas éteint - jamais - se réactive; d'abord diesel pour finir Très Grosse Vision.

J'ai le bulbe qui frémit, les racines qui picotent. Ca bouscule, ça pousse, ça invective, tout le monde veut sortir, le bordel, le métde Tokyo à l'heure de pointe.

Je débride, l'auriculaire où il se doit. Saint-tactile (un nouveau) se manifesse. Je frissonne, j'ouie, je chamade. Ca Grande Vadrouille, ça René FALLET, "Fais-moi Mozart!", "ça Beaujol" ... "Y-a-t-il un docteur dans la salle ?".

J'empreinte mes chemins rocailleux, "Camino negro", je Comminges, je sous-boise ... Parfums de terres mouillées (salope !), humus, lichens, fougères, usnées, pourritures, myceliums ... J'oronge, je cèpe, ça frétille, ça truite...

Je contrebande, j'iberise,  je VELASQUEZ, je Barcelone - Sagrada familia, port Llegat, fait chaud - sang et or - ramblas, tapas, je flamenque, je pique Adour, je Guernicase, je Rosas un fond consciencieusement de ma brosse à reluire pour amadouer et flatter le châssis.

J'hermètise, je maçonnise au V.I.T.R.I.O.L..

Je fume.

Je ZAO WOU-KIze, j'ideogramme, Paul DESMONDS m'insuffle, bouche à oreilles, son instrument "Élementals", le lance des amarres, terre de sienne, jaune hélios. Salut BRUBECK.

Répit. Je me malaxe la dextre, me tirlipote la boîte cranienne ... kaleidoscope. Images, émotions, bouffées ...

Pêle-mêle, je reçois des visites, Olivier BRICE, hurlevent, mutant, gisant là où il ne voulait pas ... Mais pas du tout !!! ... - atteint du fisc -sous la pierre merdique d'un Conseil municipal qui a perdu son Service cuculturel.

BERANGER - José Maria ROQUE - PRADAL - Eugène RAVALI qui me supporte pour l'instant; "Pour emmerder Eugène"*, "Sierra"* ...

Amour et mort.

La connerie : obscène; la révolte.

Le saxo rouillé, cancéreux de "STAN GETZ"* se désagrégeant dans la chaude lumière d'un Brésil atteint par le fanatisme de la déforestation mais qui replante des culs en strings fluos, lesquels m'exorbitent !

Salut RABELAIS, Salut SAN-A, Salut VAUTRIN, je vous aime.

Le train s'emballe ... J'égratigne, j'explore le grain, j'ocre, le violette (ô Toulouse), je noir et blanc d'un pavé "Mosaïque"*.

Ce vieux Miles DAVIS me nostalgise, nuits chaudes d'Espagne, la mer chargée de lucioles ... "Solea"*, "Lerida"*,"Puigmal"*, "José Louis Company's - 1940"*, "Granada"*, "Les vierges de Calpe"*, "Sed"*, "Como por encantamiento"*, "Mi catedral"*, "Altea"*, "Teruel"* ... Des toiles et des toiles, avec la tripe, la solitude, la souffrance et "l'Aquabon" (mon after-shave).

RAVEL ... BÉJART, sa troupe, grand format, "ÉCLATS"* ... méandres nébuleux, masturbations intellectuelles ... J'ai perdi l'égérie ... Dis quand reviendras-tu ?. ...'Oun" condor pasa ... Pfff !

La danseuse cambrée est venue poser son grand "Écarts"* sur la sable d'Ampuriabrava. la mer lui lèche le mont-de-Vénus, elle se soude, s'osmose, ying-yang, elle fait corps entre ciel et terre ... La Vouivre est là ! ... Érotisme.

Profondément touchante?

J'enfile le néoprène pour plonger mon phare dans la profondeur de ses Abysses ...

Ke leidoscope ... Solitaire, sans poupée, j'éclate les couleurs, le paysage intérieur prend forme, je tourne, je retourne, touche après touche, jus suaves ...

J'ai une violente érection mentale, quel châssis, nom de Dieu !... "Lorsque le poignet est animé par l'esprit, fleuves et montagnes livrent leur âme". Salut SHITAO.

MILLER, Sexus, Anaïs NIN, BUKOWSKI, tout le monde s'y met ... "jours tranquilles à Clichy", Galle-pi, le corps, la volupté, la sensualité, le jazz, la danse.

Ca vient ... ca vient ...

J'étale, je brise, je casse, je romps, j'adoucis ... embrasses moi, écartes, viens !!! ... les tubes s'affolent, ça sent l'huile, l'essence, la volupté, ... J'éjacule en couleurs.

Épuisement, proche insatisfaction, en attendant avant de mourrir pour renaître demain, je sirote un whisky ... Abasourdi, absent, ailleurs ... 2trange sensation.

"Sommeil bleu"*, à toi Evelyne ... disparue. Merci petit modèle souriant de m'avoir ouvert les portes de la création, depuis je dors mal et je suis beaucoup plus fou. Te faï un poutou ...

 

- Allo  Les DESCHIENS ?

- Oui !

- C'est pour une annonce ... Un peintre, des toiles ... Hein? Oui ! ... 36-15 Code qui n'en veut !!!."

 * = titre de toile 

 

II -

     C'est vers la même époque, que nos Députés européens en venaient à statuer sur l'importance de distinguer la confiture du confit, une amie Marie-France NAUWELAERS, installée dans l'Aude au domaine de BORDÈRE, spécialiste de la confiture d'oignons (recette séculaire) eut à subir les délibérations de nos tristounets technocrates. Je pondis ces quelques lignes qui devaient être reproduites et illustrées par Claude FRÉJAVILLE, calligraphe d'Art . Original offert à l'infortunée... 

     "Il était une fois, d'austères et ténébreux technocrates européens qui tenaient assemblée;

     Comment tromper leur ennui ? La paix ? La misère? Le chômage? Le bonheur de l'homme ? ... nenni ...

     La confiture ! oui, oui, la drôlesse !

     La confiture ! La question est hautement stratégique, cruciale, vitale ... Règlementons mes bons amis, règlementons. Et les voilà partis ... qui dit règlement dit sanction fatale : "dans certains cas la confiture n'en sera plus !"

     Les trois dernières lettres seront condamnées à être tranchées pour n'être plus que confit.

     Alors je frémis, connaissant la faculté d'ennui de certains, à l'idée d'un autre assemblée. Car elle aura lieu un jour, sans doute possible.

     La sanction, le couperet ... Les trois dernières lettres ... con,

                                                                                            Confiture d'oignons

                                                                                            Confit d'oignons

                                                                                            Con d'oignons

     Qui disait autrefois : "l'oignon fait la farce". "      ----- Le vieil-art  "Malou"

 

 

        III-    

     Que d'études pour devenir le représentant du Gouvernement dans son département !. Que de courbettes pour être dans les favoris du Roi. Que d'inaugurations, de manifestations, de décisions à prendre à gauche, à droite, au centre pour contenir les revendications quotidiennes d'un peuple gaulois ingouvernable, que de réglementations à prendre, notamment concernant ce foutu principe de précaution .... Bref un boulot pas commode mais personne n'a obligé ce digne Haut fonctionnaire, autrefois bon élève et rieur, à en revêtir l'habit. 

     Mais assez souvent ce type d'autorité est appelé par la voix mystérieuse d'un dame nommée Absurde ... 

     Pour l'avoir vécu de trop près, je me souviens trop bien de la date du 21 septembre 2001 et la catastrophe d'A.Z.F.; de la dévastation, des zombies errants couverts de noir, de blessés, de la maison éventrée et de ce gros nuage à la teneur indéterminée, qui sait toxique ?, et de la voix de ce grand homme, le Préfet, relayée par les radios qui demandait aux toulousains "de se confiner chez eux et de bien veiller à fermer les fenêtres ...". No comment, sur quelques kilomètres carrés il n'y avait plus une fenêtre en état, plus une porte ...

     Mais là, je souris pour une requête à ce haut dignitaire qui il y a peu dans une région de montagne, sans usine, sans guère d'agriculture, avec des sources, des ruisseaux, des lacs, des retenues d'eau, prenait un arrêté pour interdire l'arrosage et le remplissage des piscines  entr'autre ...

     Or voilà que depuis quatre jours pleins, il pleut abondamment, sans discontinuer, le trop plein de la piscine n'arrive même plus à absorber cette eau, les sources souterraines jaillissent, la terre ne pompe plus... Serait-il possible, Monsieur le Préfet qui êtes si prompt à appliquer lois et règlements, de rappeler à l'ordre (comme vous êtes enclin à le faire sévèrement vis-à-vis de nous) le Divin qui apparemment se fout comme de l'an quarante de vos injonctions ... Admonestez-le, que Diable !! et par les pouvoirs qui vous sont conférés ...

 

      

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau