Ariège profond ...

     Un Sénateur du cru, aujourd'hui ad-patres, me l'avait bien servi : "Ici Monsieur, l'essentiel est de ne pas avoir d'idées !!!"

     Après l'exposition de CARCASSONNE pour A.P.R.E.S., un journaliste de l' "Indépendant" venu m'interviewer au Domaine de Bordère à ALAIGNE, chez l'amie  Marie-France NEUWELAERS dont les confits d'oignons (puisqu'on ne peut plus dire confiture d'oignons - voir Billets d'humeur II) se répandent dans les cuisines des chefs du monde entier, ce journaliste donc m'avait bien mis au "parfum" du caractère claniste voir mafieux de certains autochtones. Je ne devais pas être déçu. Si ce département est magnifique, sans pollution car sans activités économiques à part un tourisme de passage, on ne peut dire que l'étranger y soit attendu autrement que pour quelques heures contre quelques achats et du balai. Côté culturel la misère ... Copier ce qui se fait ailleurs et culture du catharisme avec la faune qui va avec. Comme le narraient "Les Chevaliers du fiel" (interdits de séjour il y a peu), l'un d'eux enregistrant la voix du G.P.S. - "Cela doit demander beaucoup de travail ?", "Non ! je fais le département de l'Ariège et je n'ai qu'une phrase à dire - Vous êtes dans un cul-de-sac, faîtes demi-tour !-".

     J'aurai du faire plus attention aux panneaux routiers plantés à l'époque à l'entrée du département : "Ariège - Terre courage".

     Je devais dans les années 1999, 2000 m'installer à MIREPOIX, sur la Place des couverts, dans une grande maison à colombage aux volets rouge mitoyenne de l'Hôtel de ville. L'arrière de cette demeure donnait sur le Palais épiscopal et je pouvais disposer d'une pièce avec vitrine et porte ouvrant sur rue pour y présenter quelques oeuvres du groupe "Mosaïque", Pierre MAGUELON, KOVSKY, IBO, FRÉJAVILLE... Et quelques autres artistes amis à l'instar de Mic CHIREZ...

     Depuis plusieurs années maintenant le groupe "MOSAÏQUE" (selon la formule de Pierre MAGUELON) s'était engagé dans le sens d'un Art utile, bien loin des conceptions élitistes. En parcourant les sentes des villages cathares du Languedoc, loin de la fièvre touristique, l'idée d'un nouveau rassemblement au profit de la reconstitution, la réhabilitation du patrimoine historique se faisait jour... Quelle idée !!!

     Nombreux signes, symboles, marques, bâtiments ne m'étaient pas étrangers. Je connus le Père PAUL avec lequel je me liais d'amitié, qui s'occupait notamment de la paroisse de MIREPOIX et de la cathédrale Saint-Maurice. Lui également n'était pas en odeur de sainteté si je puis dire. Ragots, médisances, lettres anonymes et j'en passe. Il me fit visiter longuement cette cathédrale, et surtout le Palais épiscopal interdit au public et paradis des pigeons. Une désolation. Il était vraiment peiné de voir ce bâtiment de plusieurs centaines de mètres carrés se dégrader année après année. Éloigner les pigeons ne serait pas trop compliqué, l'idée de la création d'un Musée consacré à la spiritualité compte-tenu de la fréquentation touristique émergea. Quant à la restauration ?. Il était impératif de se démmer...; les autorités du département refusant tout entretien et ne répondant pas au courrier.

     Au bout de quelques mois, ayant tiré quelques sonnettes, je pouvais disposer de fonds, du concours bénévole de compagnons et des élèves desdits, et cerise sur le gâteau de la présence d'une responsable du Musée d'Orsay qui se proposait de prendre une année sabbatique pour apporter son expérience à la mise en place d'une telle entreprise. ... Bref, un gros dossier fût ficelé; l'Épiscopat renvoya le Père Paul à ses ouailles, et d'autres autorités plus politiques locales me prièrent (si l'on peux dire) de m'occuper de mes ... . Je vis stationner des véhicules devant ma vitrine et ma porte, interdisant tout accès même au regard. L'un de ces charmants specimens pour me forcer à rentrer alla jusqu'à faire passer son véhicule sur mon pied. Quant à ceux qui comme Pierre MAGUELON, avaient le malheur de demander à l'Office du Tourisme où se trouvait ma maison (mitoyenne dudit), la réponse était "Connais pas !!". Bien d'autres comportements me donnèrent l'occasion de peindre la toile que j'appelais "Les vices de Mirepoix" (référence au duc De LÉVIS-MIREPOIX).

     Fin janvier 2000, je reçois la visite d'une dame qui voulait m'entretenir d'un projet concernant la création, l'ouverture imminente d'une galerie vers MONTGAILLARD dans d'anciennes forges (ce seront les forges de Pyrène). Elle était apparemment mandatée (on savait donc qui j'étais quelque part ?) à la recherche de conseils et autres et ne semblait pas réaliser l'ampleur de ce qui l'attendrait au cas où ... . Elle se disait artiste-peintre, soit. Après quelques échanges verbaux, jetant un vague regard sur les toiles présentes, elle lacha "Mais qu'est-ce que vous entendez par création ? ... euh ... Vous voulez dire que c'est pas de la copie ?". J'ai failli m'étouffer, bah merde alors, ça promet. C'est quoi la haute couture, c'est quoi un compositeur ? l'Art ça sert à quoi ?. Rien dans les tripes, ça refoule l'imbecillité l' "artiste". Mais qu'est-ce qui vous anime con.... ! pensais-je. J'imaginais sa peinture. Comme l'avait fait remarquer une journaliste en ITALIE "Ils peignent certes ... mais comme on s'attendait à ce qu'ils peignent!". Je ne sais pas comment j'ai pu aller au bout de l'entretien, mais en partant elle dit "Je vous téléphonerai si j'ai des difficultés, des conseils à vous demander." Bah voyons, l'affaire était entre de bonnes mains. Elle avait atteint son niveau d'incompétence selon le principe de PETER.

     D'autres tentatives dans d'autres communes, à chaque fois des peaux de banane, des jalousies, des rumeurs qui prendront à la fin une tournure si dramatique qu'elle me fera rentrer dans le silence et changer de secteur. Je peindrai alors notamment "Les boulets de Camon".

     À titre anecdotique, et pour sourire (?), j'avais noté sur un carnet à la date du 30 mai 2000 à 16H50 :

     "Après neuf mois d'ignorance absolue ... de l'importance des chiffres ... l'accouchement ... (Merci Fabrice LUCHINI d'accepter ce rôle). Madame P..., pharmacienne de son état mais z'aussi "ministresse" ... "treuse" (?) de la Cuculture s'engage rue du Maréchal Clauzel où au N°26 se tient mon échope. Elle ne peut m'éviter ... Je la fixe ... Elle le sent ... Elle cède ... (Hum !!!). N'oubliant pas les principes de politesse infligés dès le plus jeune âge à grand renfort de bourrades ... Et la dame étant flétrie ... plus que moi !.

     Moi : Bonjour Madame !

     Elle : Il fait chaud aujourd'hui, non ?!? (Remarquez chers amis l'importance de ce non exclamatif interrogatif qui appelle la rupture d'une solitude toute intellectuelle)

     Moi : Oui ! C'est orageux !

     Elle : C'est orageux oui ...

     Elle aurait pu dire "il fait lourd" ou "les mouches collent", non, elle reprend ma phrase "c'est orageux" ponctué d'un oui qui me laisse entendre que je ne dis pas que des conneries et qu'une haute complicité intellectuelle voit le jour, comme l'usnée sur le chêne."


     Il me serait facile de remettre le couvert, car les tracas, humiliations n'ont pas manqué mais si vous avez l'occasion de passer dans ce département, si vous aimez les espaces naturels, arrêtez vous quelques heures dans cette dernière réserve de phénomènes. 

     


 

(À suivre ...)

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