À propos de MALOU

 

 

 

(Malou, pseudonyme suivant acte de notoriété en date du 20 juin 1989, Tribunal d'Instance de Sannois (Val-d'Oise)

 

   «Il se dit citoyen de nulle part, mais c’est Paris qui lui coule dans les veines.

  Il y est né en 1947, d'une mère danseuse au Moulin Rouge, et d'un père peintre du dimanche également issu d'une lignée de parisiens. La verve d'un chansonnier, la trempe d'un comédien ou l'oeil du dessinateur, qui sait ce qui lui fut légué par des ascendants ayant eu tour à tour des racines - et des ceps ! - à Montmartre, le crayon aux doigts, et les pieds sur les planches ?; On ne peut pas croire que se transmette ainsi du sang d'artiste, mais la vie de MALOU semble en offrir un éclatant démenti.

  Sa généalogie parle pour lui, et dans la branche paternelle un arrière-grand-père vigneron sur la Butte, puis un grand-père qui y vécut, au temps des poètes des rues et des peintres bohèmes du Bateau-lavoir. L'art ne fut en somme jamais un vain mot dans sa famille, tant du côté de son père que de celui de sa mère, où le clin d'oeil provient d'un aïeul qui aimait à croquer les personnages de son époque, le début du siècle.

  Ce climat de spectacle et de création, MALOU l'a connu à son tour dès sa plus tendre enfance auprès de ses parents. Ils fréquentaient un milieu d'artistes, et parmi ceux qui honorèrent la table familiale Boris VIAN, MOULOUDJI, Serge LIFAR, et la femme peintre BERANGER, elle qui les emmena un jour à Port Llegat, près de Cadaquès, chez DALI. MALOU se souvient toujours de cette visite et de l'accueil que leur fit le maître, le "divin DALI", dans sa maison. Il était une fois ... rencontre étonnante, et sans doute déterminante dans ses futurs choix artistiques, puisqu'il retrouvera plus tard sur sa route l'ombre de DALI, et qu'il portera en lui le visage tourmenté de cette Espagne du franquisme, l'Espagne sauvage et fière d'avant la déferlante touristique. Celle de ses années d'adolescence et de prime jeunesse, y compris la région Basque où il séjourna enfant, et les montagnes des Pyrénées où il enseignera le ski. Terres qui lui resteront chères et familières, bien davantage que les paysages urbains, et qui représentent des étapes sensuelles dans un itinéraire de peintre auquel pourtant il ne se préparait pas.

  Car malgré des dons précoces de dessinateur, les cours de dessin l'ennuient, face à des professeurs rigoristes lui paraissant piétiner tout imaginaire. Rebuté de même par l'apprentissage du solfège, il se tourne vers le théâtre et trouve à s'y épanouir. Il y révèle en effet de si remarquables aptitudes durant des festivals de poésie organisés de ville en ville, qu'on lui propose d'entrer directement au célèbre cours de René SIMON. Il se heurtera alors au refus de son père. Mais restera toujours imprégné de la scène et en gardera un goût profond, que ne parviendront pas à lui faire oublier d'austères études de droit, ni son entrée dans la fonction publique.

  Il lui faudra attendre de recevoir le coffret de peinture de son père, des mains de ce dernier, pour que s'éclaire un nouvel horizon, un inconnu qui le tente et qu'il aborde à tâtons pendant cette année 1982, en autodidacte ne devant rien à aucune école des Beaux-Arts, ni à aucun atelier pictural. Ce sera le début de sa période figurative. Il peindra les vieux métiers, et dans la sillage de son père exposera dans des salles d'amateurs dont il se lassera vite. Irrité contre l'arbitraire des Commissions Culturelles, et taraudé par le désir de sortir du troupeau, il repart à l'aventure sur ses toiles, en quête de lui-même. C'est pourtant cette urgence, cette volonté de se livrer du fond des tripes qui le conduiront pas à pas sur la voie de la création où il revivra sous une autre forme la liberté et l'exaltation goutées en scène.

  Il commence à peindre à l'acrylique, au son du jazz, et la violence colorique de cette texturequ'il utilise sur de vieilles toiles recouvertes de noir lui inspire le portrait de grandes figures du jazz (Sidney Bechet, Miles Davis, Dizzy Gillespie ...), ainsi que la représentation sensuelle de la femme. En jouant du seul contraste de l'ombre et de la lumière sur le corps de ses modèles, il s'attache à traduire au travers de leurs postures ou de leur gestuelle l'émotion rejaillie de la musique.

  Cette série de toiles sera exposée avec un certain succès dans le Val d'Oise, notamment à Franconville où il revoit à cette occasion Jean MUSY, un ami d'école devenu artiste et compositeur. Celui-ci l'entretient passionnément de l'art abstrait, ce qui le plonge dans un autre abîme de doute et d'auto-confrontation. Difficile période de recherches et de lectures qui le laisseront de plus en plus insatisfait, jusqu'au choc d'une nouvelle rencontre que lui réserve l'été 1984.

  C'est cet été là, dans un château en pleine garrigue, près de Montpellier, que MALOU fait la connaissance du maître Olivier BRICE, ami intime et fils spirituel de DALI, et se voit convié dans son univers : une demeure entière ment vouée à l'art, emplie de chefs-d'oeuvres et de dédicaces des plus grands artistes internationaux, où MALOU passera quelques heures inoubliables en compagnie du sculpteur qui voulait l'art accessible à tous, ouvrant au public son château de Cambous afin que chacun puisse contempler l'ensemble unique d'ouvrages magistraux qu'il y possédait. Simplissime et fascinant personnage, il donnera à MALOU par l'humilité et la haute sensibilité de ses propos, le désir et l'espoir de rejoindre les créateurs.

  Après une longue période gestation, suivie de la disparition de BRICE survenue à quelques heures d'intervalle de celle de DALI, il abandonne une série de camaïeux portant sur des sujets marins - dont "Hommage à Alain COLAS et aux disparus de la course au grand large" qui fut sérigraphié par Michel CAZA, puis authentifié par Roger COLAS, père du navigateur.

  Rompant à son tour d'anciennes amarres et ses liens avec le figuratif, MALOU se prépare irrésistiblement à un nouveau défi, à un nouveau départ. Il reprend le coffret de son père, et dans le balbutiement le plus total expérimente les, huiles, s'essaie au couteau.

  Ainsi naîtront "LES SURIMPRESSIONS", premières oeuvres non-figuratives, alliant le regard des impressionnistes et la démarche de surréalistes tels que MIRO. "La voiture engloutie" et "La femme au bandeau" seront réalisées dans cette veine. Puis des couleurs de l'Espagne et de ses souvenirs de plongée sous-marine à Calpe ou près des Îles de Benidorm, il tire une voluptueuse palette de bleus projetée dans deux tableaux : "Les vierges de Calpe", sensation et vision sous la mer, et "Le sommeil bleu", qui en mémoire d'un de ses modèles superpose deux intenses vécues : l'image mouvante des fonds sous-marins, et le sommeil ambivalent d'une femme dont la sensualité et la tendresse avaient transcendé son travail.

  Ensuite viendront "LES CONCRÉTIONS", conçues dans un état de bouleversement et d'interrogation permanents, palier à la série des "PULSIONS", qui voient le jour en 1991 et inaugurent une nouvelle approche de la toile. Son geste s'est fait dialogue avec la surface blanche, son grain, sa tissure, et le combat qu'il menait auparavant transformé en exploitation sensuelle de l'espace. Quelques mois plus tard, il découvre ébloui la peinture de ZAO WOU-KI et les enseignements picturaux de SHITAO liés à l'oeuvre du maître chinois. Très intimement touché, il y perçoit ses propres dualités, celles de son Espagne intérieure : l'ombre et la lumière, le soleil et la mort, le tragique et le charnel, le rouge et le noir, autant de contrastes qui continueront à transporter sa touche vers une abstraction plus épurée, qu'illustrera la série suivante avec entre autres "Samouraï", "Lofoten", "L'épreuve de la terre".

  Mais c'est l'art du maître chinois contemporain ZAO WOU-KI, dont les repères s'étaient construits en regardant les dessins de PICASSO et les natures de CEZANNE à son arrivée à Paris, qui étayera les avancées de MALOU en l'aidant à exercer ses ressorts les plus personnels : son amour de la couleur, ses rapports avec la musique, son sens de la provocation, son besoin d'opposer les extrêmes. Facultés créatrices qu'il ne cesse de remettre en question à chaque nouvelle série de tableaux, en s'estimant davantage artiste et créateur qu'artiste-peintre. .../...". GOÉMON.

Commentaires (2)

1. MALOU en réponse 18/02/2011

Bonjour Éliane
Je vais tenter de faire simple, cette formule signifie "Visita Interiora Terrae. Rectificando. Invenies Occultum Lapidem". Celà peut paraître indigeste, mais la traduction donne Visite l'intérieur (ou les entrailles de la Terre. En rectifiant tu trouveras la Pierre cachée. Cette formule appartient au monde maçonnique. Elle est une invitation à descendre en soi-même pour y séparer "le subtil de l'épais" afin d'y découvrir par la rectification la Pierre des Sages.
Le cliché de cette toile, ne permet pas d'en afficher les détails. Tracée sur le nombre d'or, elle révèle pour celui qui est attentif, en son centre le visage d'un homme le Grand Architecte de l'Univers... Ici, Dieu serait la Pierre cachée.
J'espère avoir répondu à votre attente suffisamment simplement.
Bien amicalement Malou

2. Eliane PORTAL 18/02/2011

Bonjour Malou,
J'ai parcouru votre site et vos galeries, j'ai une question l'une de vos toiles dans les Pulsions s'intitule V.I.T.R. I.O.L. ?. Pardonnez moi, mais cela signifie quoi?
Je suis très sensible à votre expression.
Merci pour tout, et pour vos récits.
eliane

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